DAN indique que plus de 40% des décès en plongée surviennent sur ou près du bateau. Découvrez les protocoles d'évacuation et l'équipement obligatoire.
Lorsqu'une urgence survient dans l'eau, les premières minutes sont déterminantes. Pourtant, de nombreux plongeurs récréatifs supposent que le danger réel n'existe que sous la surface. Les données du Divers Alert Network (DAN) réfutent cette croyance avec une statistique qui devrait inquiéter toute personne montant à bord d'un bateau de plongée : environ 40 % des décès enregistrés dans cette activité sont liés d'une façon ou d'une autre à l'embarcation, que ce soit par des accidents de propulsion, une désorientation en sortant de l'eau, des traumatismes avec l'hélice ou des retards dans la prise en charge des urgences. Le bateau n'est pas seulement un moyen de transport ; c'est le premier et dernier environnement de sécurité du plongeur.
Disposer de l'équipement d'urgence adéquat à bord n'est pas une recommandation : c'est une obligation éthique et, dans de nombreux pays, légale. Les trois éléments indispensables sur tout bateau de plongée sont le kit d'oxygène à demande, le défibrillateur externe automatisé (DEA) et une trousse de premiers secours complète. L'oxygène est le traitement immédiat le plus efficace en cas de suspicion de maladie de décompression, d'embolie gazeuse ou de noyade. Un DEA peut faire la différence dans les cas de fibrillation ventriculaire survenant en surface après un effort intense ou un choc brusque. Et la trousse doit contenir, au minimum, des bandages stériles, de l'antiseptique, une solution de rinçage oculaire, des analgésiques, des antihistaminiques et une liste de contacts d'urgence locaux.
L'un des aspects les plus négligés lors de la planification d'une journée de plongée est l'attribution des rôles avant d'entrer dans l'eau. Le capitaine ou patron du bateau ne peut pas assumer simultanément la surveillance des plongeurs en surface, le contrôle du moteur et l'administration des premiers secours. Avant la première plongée de la journée, le responsable du groupe doit désigner qui assure la surveillance en surface, qui gère l'équipement à oxygène, qui est chargé d'appeler les secours et qui peut manœuvrer le moteur en cas d'évacuation. Cette répartition des tâches, apparemment bureaucratique, devient la différence entre une réponse ordonnée et le chaos quand le temps est compté.
La ligne de dérive en poupe, également appelée ligne de secours ou cordage de dérive, est un élément simple qui sauve des vies avec une fréquence remarquable. Il s'agit d'une corde de plusieurs mètres qui pend depuis la poupe du bateau pendant que les plongeurs sont dans l'eau, terminée par une bouée ou un anneau de sauvetage. Lorsqu'un plongeur remonte en surface éloigné du bateau à cause d'un courant, de la fatigue ou d'un équipement épuisé, pouvoir s'accrocher à cette ligne évite qu'il continue à dériver en attendant d'être récupéré. Dans les destinations aux courants fréquents, comme les Maldives, les Açores ou la mer Rouge, son utilisation devrait être systématique et non optionnelle.
Les protocoles d'évacuation à bord doivent être répétés, pas seulement expliqués. Un plongeur inconscient pèse entre 80 et 120 kilogrammes avec son équipement, et le sortir de l'eau sans une technique adéquate peut causer des blessures supplémentaires tant à l'accidenté qu'aux sauveteurs. Chaque embarcation devrait disposer d'une procédure écrite et pratiquée pour extraire un plongeur incapacité de l'eau, le placer sur le pont en position latérale de sécurité, commencer l'administration d'oxygène et coordonner la communication avec les services d'urgence maritimes. Les entreprises de plongée professionnelles qui effectuent ces simulations périodiquement démontrent systématiquement des temps de réponse significativement plus courts lors d'incidents réels.
L'incendie à bord est un scénario moins fréquent qu'une urgence médicale, mais ses conséquences peuvent être catastrophiques dans un espace restreint rempli d'équipements sous pression, de carburant et de néoprène. L'incendie survenu sur le liveaboard Conception au large des côtes de Californie en 2019, qui a coûté la vie à 34 personnes, et plusieurs incidents similaires dans des embarcations en mer Rouge ont mis en évidence que de nombreux opérateurs manquent de plans d'évacuation pratiqués, que les sorties de secours peuvent être bloquées ou inconnues des passagers et que les extincteurs ne sont pas toujours en état de fonctionnement. Avant d'appareiller, tout client d'un bateau de plongée a le droit et la responsabilité d'identifier les sorties de secours, de localiser les gilets de sauvetage et de connaître le point de rassemblement en cas d'évacuation.
La communication lors d'une urgence est aussi importante que l'action physique. Disposer à bord d'une liste de numéros d'urgence actualisés, incluant le service des gardes-côtes local, l'hôpital avec caisson hyperbare le plus proche et le numéro international de DAN (+1-919-684-9111, opérationnel 24 heures sur 24), peut économiser des minutes critiques quand la panique entrave le raisonnement. Certains opérateurs professionnels utilisent également des applications de communication par satellite lorsqu'ils opèrent dans des zones sans couverture mobile. La pratique de déposer le plan de plongée avant d'appareiller, incluant la position GPS de la zone de plongée, facilite considérablement le travail des services de secours si quelque chose tourne mal.
Plonger depuis un bateau est, pour la plupart des gens, synonyme d'aventure et de liberté. Mais cette expérience repose sur une structure de sécurité qui doit être pensée, équipée et pratiquée avant que quiconque ne se jette à l'eau. Vérifier l'équipement d'urgence, attribuer les rôles, déployer la ligne de dérive et connaître les protocoles d'évacuation ne sont pas des rituels inutiles : ce sont les fondations sur lesquelles se construit chaque plongée sans incident. La sécurité en plongée ne commence pas sous l'eau, mais au moment où l'on monte à bord.

