Kaş et Kekova, Turquie : épaves byzantines et eaux turquoise
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Kaş et Kekova, Turquie : épaves byzantines et eaux turquoise

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CDB
26 mai 2026 4 min de lecture

La côte lycienne entre Kaş et Kekova recèle certains des sites de plongée archéologique les plus remarquables de Méditerranée. Une cité lycienne engloutie par un séisme au IIe siècle apr. J.-C., des épaves byzantines chargées d'amphores et des eaux turquoise avec une visibilité de 30 m. Une destination pour les plongeurs passionnés d'histoire qui ont déjà parcouru l'Italie et la Grèce.

Kaş est un bourg côtier turc dans la province d'Antalya, face à l'île grecque de Kastellorizo. C'est l'un des rares endroits où la Turquie et la Grèce ne sont séparées que par 2 km d'eau ouverte. Kekova est une île inhabitée à 25 km vers l'est ; la bande côtière qui les relie, incluant Üçağız et Kaleköy, forme l'une des aires marines protégées les plus riches en patrimoine archéologique de la Méditerranée orientale, ses fonds façonnés par des séismes antiques qui ont englouti des établissements entiers.

La cité engloutie (Batık Şehir) : l'ancienne cité lycienne de Simena, identifiée aussi à Aperlae, s'est partiellement effondrée dans la mer à la suite d'un tremblement de terre au IIe siècle apr. J.-C. Aujourd'hui, murs, colonnes, marches de pierre et fragments de mosaïques reposent entre 1 et 6 m de profondeur, parfaitement visibles depuis la surface. Le tuba depuis une embarcation à Kekova donne accès direct aux ruines submergées ; la plongée bouteille au-dessus des vestiges archéologiques est interdite par la loi. Des sites voisins sur substrat naturel permettent néanmoins d'évoluer parmi des amphores et des débris dispersés.

Épaves byzantines : trois épaves documentées de l'époque byzantine (VIIe au XIe siècle apr. J.-C.) gisent dans les eaux de Kaş, toutes accessibles en plongée. Cargaisons d'amphores, ancres de pierre, restes de quille. Profondeurs comprises entre 18 et 35 m. L'accès est réglementé : seuls les centres disposant d'un permis officiel peuvent guider des plongées sur ces sites. Les épaves les moins profondes — Bayındır Limanı à 22 m — sont accessibles en Open Water ; l'épave byzantine de l'Üçağız Wreck à 35 m requiert le niveau Advanced.

Autres sites : Canyon est un canyon sous-marin abritant de grands poissons ; l'Hidayet Wreck est un cargo turc coulé en 1955 par 28 m de fond ; Tatlısu est un site tranquille avec une belle faune ; Big Reef offre un terrain varié avec des coraux mous. Profondeurs de 15 à 35 m. Eau entre 17 °C en février et 26 °C en août. Visibilité habituelle de 25 à 40 m. Courants faibles, plongées adaptées à tous les niveaux.

Pratique : vols vers Antalya depuis la plupart des capitales européennes, avec des tarifs avantageux hors saison touristique turque. Transfert terrestre jusqu'à Kaş : environ 3 heures en bus ou en voiture de location. Hébergement : chambres d'hôtes dès 30 €, hôtels entre 60 et 150 €. Principaux opérateurs : Bougainville Diving et Turkey Dive Center, ainsi que plusieurs petites structures locales. Une plongée guidée coûte entre 35 et 50 € — parmi les tarifs les plus bas de Méditerranée. Un forfait de 6 plongées tourne autour de 200 €. Langue locale : turc ; l'anglais est universel dans les centres de plongée, l'allemand aussi répandu.

Ce qui étonne : la combinaison archéologie et tourisme calme. Kaş est un bourg authentiquement tranquille — sans commune mesure avec la fréquentation de Bodrum ou d'Antalya — avec des maisons ottomanes, une petite mosquée historique et un marché local animé. La gastronomie est savoureuse et bon marché. Pour les couples ou familles où tous ne plongent pas, les journées sans bouteilles sont aisées à remplir : tombes lyciennes rupestres à Mira, amphithéâtre de Patara, plages turquoise, excursions en bateau vers les îles grecques voisines.

Ce qui déçoit : la saison est courte. Les centres de plongée fonctionnent de mai à octobre ; en hiver, le vent du nord ferme tout. La barrière linguistique est réelle en dehors des zones touristiques — dans les petits villages de l'intérieur, le turc est indispensable pour toute démarche élémentaire. Les plongeurs ne parlant qu'anglais ont intérêt à rester à Kaş plutôt que d'explorer les villages alentour sans guide.

En définitive, Kaş et Kekova proposent une plongée méditerranéenne de haute qualité pour qui s'intéresse à l'archéologie sous-marine. La combinaison ruines submergées, épaves byzantines, eaux turquoise et prix bas en fait un rapport qualité-prix difficile à égaler. Une semaine en septembre ou en mai concurrence directement la Croatie ou la Grèce. Pour les amateurs de grands pélagiques, la mer Rouge reste la référence ; pour un voyage mixte plongée, archéologie et tourisme culturel, cette côte lycienne est un choix solide.