Malapascua, Philippines : requin renard à l'aube sur Monad Shoal
Retour au Blog
Viajes

Malapascua, Philippines : requin renard à l'aube sur Monad Shoal

C
CDB
1 juillet 2026 4 min de lecture

Malapascua est une petite île au nord de Cebú avec une seule attraction vraiment déterminante : Monad Shoal, un mont sous-marin où les requins renards (*Alopias pelagicus*) remontent chaque matin à 25 m pour se faire nettoyer. Nulle part ailleurs au monde les plongeurs de loisir ne croisent aussi régulièrement ce requin. Les bateaux appareillent à 5 h du matin ; la fenêtre se ferme vers 7 h.

Malapascua se trouve à environ 8 km au nord de Cebú, dans les Visayas. On y accède depuis Maya, à la pointe nord de l'île de Cebú, par un ferry de 30 minutes, ou depuis Cebu City par quatre heures de route. Le village est un port de pêche qui a développé une dizaine de centres de plongée dans les années 1990. Sa réputation internationale date de la fin de cette décennie, quand le comportement des requins renards à Monad Shoal a été documenté pour la première fois.

Monad Shoal est un mont sous-marin situé à 8 km à l'est de Malapascua. Le sommet affleure à 18 m de profondeur, puis les parois plongent verticalement au-delà de 200 m. Chaque matin entre 5 h 30 et 6 h 30, des requins renards pélagiques (*Alopias pelagicus*) remontent des eaux profondes — parfois de plus de 200 m — pour rejoindre les stations de nettoyage : des labres les débarrassent de leurs parasites tandis qu'ils tournent en cercles lents et mesurés. À partir de 7 h, ils ont disparu.

La plongée demande de l'immobilité. À 25 m de fond, les plongeurs se positionnent sur des roches plates autour des stations de nettoyage, sans gestes brusques et sans flashs — le déclenchement effraie les requins et abrège la visite. Les rencontres durent habituellement 30 à 45 minutes ; deux à cinq requins renards différents passent, certains à 3–5 m des plongeurs.

Le lobe supérieur de la nageoire caudale du requin renard est aussi long que son corps : c'est le caractère distinctif d'*Alopias pelagicus*. En pleine eau, il s'en sert comme d'un fouet pour étourdir des bancs de sardines avant de s'en nourrir. À Monad Shoal, les requins arrivent sans hâte, la longue queue oscillant en arcs lents et amples. Pour la photographie sous-marine en lumière naturelle, l'association d'une silhouette reconnaissable et d'un comportement prévisible est rarissime.

Autres sites autour de Malapascua : Gato Island avec ses requins bambous dans des grottes peu profondes et une belle densité de poissons-lions ; Lapus Lapus pour une dérive douce sur coraux et poissons de récif ; Capitancillo pour de grands bancs de carangues et de napoléons ; Calumbuyan pour la macro. L'eau reste à 26–29 °C toute l'année, la visibilité oscille entre 15 et 25 m, et les profondeurs vont de 10 à 30 m sur la plupart des sites.

Depuis l'Europe, on effectue une escale à Doha, Singapour ou Dubaï pour rejoindre Manila ou Cebu City ; depuis Manila il faut ajouter un vol domestique vers Cebú, un transfert terrestre jusqu'à Maya et le ferry. Porte à porte : 24 à 30 heures. L'hébergement à Malapascua va de 30 à 100 € la chambre double selon la catégorie. Les plongées guidées coûtent 35–50 € ; les sorties Monad Shoal entre 50 et 70 € par plongée. Des formules de 6 à 10 plongées sont disponibles dans la plupart des centres.

Ce qui surprend les premiers visiteurs, c'est la simplicité du lieu. Malapascua n'est pas une destination hôtelière : c'est un village de pêcheurs avec des centres de plongée. La cuisine est locale et sans chichi, les hébergements fonctionnels, l'infrastructure modeste. Cela n'empêche pas les observations de requin renard d'atteindre environ 90 % des sorties matinales en saison — une régularité que très peu de destinations ciblées sur une espèce peuvent revendiquer.

Malapascua est une destination à objectif unique, construite autour d'un seul animal. Les sites de macro et les dérives tranquilles remplissent bien une semaine, mais le requin renard reste la raison du voyage. Couplé avec Anilao sur Luzon ou Apo Reef, il constitue l'épine dorsale d'un itinéraire de 14 jours aux Philippines sous-marines. Rapporté au prix, à la fiabilité des rencontres et à la rareté de l'espèce, bien peu de destinations tropicales font aussi bien.