Balance des blancs manuelle à 20 m : l'astuce de l'ardoise blanche
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Balance des blancs manuelle à 20 m : l'astuce de l'ardoise blanche

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CDB
21 mai 2026 4 min de lecture

La balance des blancs automatique des appareils photo sous-marins devient inefficace à partir de 5-10 m de profondeur. Sans correction, les rouges disparaissent et tout vire au bleu-vert. La technique de l'ardoise blanche pour le custom white balance est la méthode la plus fiable et la moins coûteuse pour retrouver des couleurs justes en photo et vidéo sous-marines sans flash.

L'eau absorbe la lumière de façon sélective. Les rouges s'effacent en premier — dès 3-5 m —, puis les oranges entre 5-10 m, les jaunes vers 10-15 m, et les verts aux alentours de 25 m. Une photo prise à 20 m sans correction affiche des sujets plats, bleu-vert, dénués de relief. La balance des blancs automatique de l'appareil ne peut pas compenser cela : elle est calibrée pour la lumière sèche de surface, pas pour une colonne d'eau qui filtre chaque longueur d'onde au-dessus de soi.

La solution technique consiste en une balance des blancs manuelle avec référence physique. L'appareil a besoin d'un objet blanc — ou gris neutre — placé exactement à la profondeur et dans la lumière ambiante où l'on va photographier. Une fois que l'on indique à l'appareil que cet objet est le blanc de référence, toutes les autres couleurs du cadre s'alignent correctement. Les photographes professionnels en surface utilisent le même principe ; sous l'eau, il devient tout simplement indispensable.

L'ardoise blanche : n'importe quelle ardoise de plongée en plastique blanc convient. Le format 15×20 cm est idéal. Le coût se situe entre 15-25 €, bien moins cher qu'un filtre rouge ou qu'un flash. À chaque changement de profondeur notable — 10 m, 18 m, 25 m — on s'arrête, on sort l'ardoise, on remplit le viseur avec elle, puis on déclenche la fonction de custom white balance de son appareil.

Étape par étape : 1) Atteindre la profondeur où l'on va photographier. 2) Placer l'ardoise blanche à 30-50 cm de l'objectif. 3) Vérifier qu'elle occupe au moins 70 % du cadre. 4) Activer le mode balance des blancs personnalisée selon la marque : Sony 'Custom WB', Nikon 'Preset Manual', Canon 'Custom WB'. 5) Déclencher ou appuyer sur OK selon la procédure du modèle. 6) Confirmer que l'appareil a enregistré le nouveau réglage. 7) Vérifier sur l'écran que l'ardoise apparaît bien blanche, et non bleue.

Limites à connaître : 1) Tout changement significatif de profondeur impose une recalibration. Si l'on passe de 18 m à 30 m, il faut recommencer. 2) Dans des eaux très turbides, la correction reste imparfaite car la lumière ambiante porte déjà une dominante vert-brun. 3) Avec un flash, la balance des blancs manuelle est inutile : le flash émet une lumière blanche à spectre complet. L'ardoise est exclusivement pour la lumière naturelle. 4) En vidéo, la calibration est critique car la marge de post-traitement est plus réduite qu'en photo.

L'alternative, c'est le filtre rouge : un filtre physique sur l'objectif qui réintroduit passivement le rouge. Il est moins précis que l'ardoise blanche car la correction est statique et ne s'adapte pas aux variations de profondeur. Pour de la vidéo occasionnelle, filtre rouge plus custom white balance donne des résultats acceptables. Pour la photo sérieuse, le custom white balance est nettement supérieur.

Ce que l'on dit rarement : même avec une balance des blancs parfaite, la lumière ambiante naturelle au-delà de 25 m est tout simplement rare. Pour des images sous-marines vraiment saturées, un flash ou une lampe vidéo finit par s'imposer. L'ardoise tire le meilleur parti de la lumière disponible — elle n'en crée pas là où il n'y en a pas. Ce que l'on gagne, c'est la précision chromatique, pas la luminosité.

En définitive : la technique de l'ardoise blanche est l'investissement le plus rentable en photographie sous-marine à la lumière naturelle. Pour 15-25 €, on obtient une correction des couleurs que beaucoup de plongeurs tentent de résoudre avec des filtres coûteux ou des flashs complexes. Elle est particulièrement efficace dans les eaux claires — Caraïbes, Méditerranée, Indo-Pacifique — où la visibilité permet de travailler à la lumière ambiante entre 20-30 m. Pour la macro ou le grand-angle sur les récifs à profondeur moyenne, custom white balance avec ardoise blanche est la base ; le flash arrive ensuite en complément, et non en substitut.