Les îles Éoliennes, au large de la côte nord de la Sicile, sont le seul endroit d'Europe où l'on plonge sur un volcanisme actif. Des fumerolles crachent des bulles de soufre dès 8 m de fond, la géothermie réchauffe l'eau bien au-delà de la moyenne méditerranéenne, et des épaves romaines chargées d'amphores reposent au même endroit depuis 2 000 ans. Un destination de niche qui mêle géologie, archéologie et plongée de paroi.
Sept îles volcaniques — Lipari, Salina, Vulcano, Stromboli, Panarea, Filicudi, Alicudi — composent l'archipel des Éoliennes, classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2000. Stromboli est en éruption quasi continue depuis 2 000 ans, et une grande partie de ce volcanisme se prolonge sous la surface. Autour de Vulcano et de Panarea, le fond marin est percé de fumerolles actives : des sorties de gaz à des températures pouvant atteindre 100 °C, qui font monter des colonnes de bulles incessantes. Évoluer à 10 m au-dessus de l'un de ces évents hydrothermaux relève de l'expérience géologique plus que de l'observation biologique.
Les plongées phares se concentrent autour de Panarea : Le Formiche, un chaos de pinacles volcaniques couverts de fumerolles ; il Bottaro, un cône volcanique immergé à la faune dense ; et Capo Vulcano. Du côté de l'île Vulcano, le secteur du Faraglione di Vulcano offre les fumerolles les plus impressionnantes, mais aussi les plus profondes. Les profondeurs vont de 10 à 35 m selon la route. La visibilité est généralement de 20–30 m, et l'eau atteint 23–26 °C en été sous l'effet du volcanisme — nettement plus chaude que le reste de la Méditerranée à cette latitude.
Les épaves romaines : les Éoliennes se trouvaient au carrefour des routes commerciales de la Méditerranée centrale à l'époque romaine. Des dizaines d'épaves ont été répertoriées, certaines accessibles en plongée récréative. La plus visitée est le Roghi, par 35 m de fond au large de Lipari — un navire marchand du Ier siècle dont les amphores sont encore éparpillées sur le sable. L'accès est réglementé : seuls les centres détenant une autorisation de la Soprintendenza del Mare peuvent y guider des plongeurs. Les règles sont strictes : ne rien toucher, ne rien ramasser, ne pas remuer les sédiments.
Faune : le mélange d'eaux chaudes et riches en nutriments engendre une biodiversité supérieure à la moyenne méditerranéenne. Mérous adultes, dentés, sars imposants, bancs saisonniers de bonites et d'espadons sont au rendez-vous. Les pélagiques transitent par Stromboli lors de leurs migrations. Des gorgones rouges tapissent les parois entre 30 et 40 m. La faune n'est pas l'argument principal des Éoliennes, mais elle est loin d'être négligeable.
Logistique : vol pour Catania ou Palermo, transfert en voiture jusqu'à Milazzo — le principal port de départ —, puis 2–3 heures de ferry jusqu'à Lipari, l'île la mieux desservie. De petits ferries assurent les liaisons interinsulaires. Lipari offre le plus grand choix d'hébergements, à partir d'environ 70 € la chambre double. Des centres de plongée opèrent sur Lipari, Vulcano et Panarea. Les tarifs sont raisonnables : 45–60 € la plongée guidée, 240–280 € le pack de six plongées. L'anglais est courant dans les principaux centres ; l'allemand l'est aussi.
Saison : l'eau passe de 16 °C en avril à 26 °C en août. Juin et septembre sont les mois idéaux — eau à 22–25 °C, afflux touristique gérable. Juillet et août constituent la haute saison, avec des prix environ 30 % plus élevés. En hiver, la plupart des centres réduisent fortement leur activité. La fenêtre pour les pélagiques — bonites et espadons — court d'août à septembre.
Ce qui déçoit : la logistique entre îles. Combiner des plongées à Vulcano et à Panarea implique de coordonner les horaires de ferry — des traversées courtes, mais qui demandent de l'organisation. Certains centres n'opèrent que depuis une seule île et ne disposent pas d'un bateau rapide pour les transferts. Une semaine en associant deux îles est la formule la plus rentable ; une semaine uniquement à Lipari laisse sur sa faim. Qui vient trois jours repart avec le sentiment d'avoir effleuré la destination.
Les Éoliennes ne cherchent pas à concurrencer Malte ni l'Égypte. Elles attirent des plongeurs qui connaissent déjà le circuit méditerranéen classique et recherchent un terrain géologiquement vivant, archéologiquement riche et relativement préservé du tourisme de masse. Pour un cinquième ou sixième voyage de plongée en Méditerranée, les Éoliennes récompensent la curiosité. Pour un premier voyage, des destinations plus accessibles existent.

