Le requin-baleine (*Rhincodon typus*) est le plus grand poisson du monde. Les plongeurs qui le croisent se posent rarement la question du sexe, pourtant la distinction éclaire le comportement de l'animal et guide le choix des destinations. La plupart des observations touristiques concernent des juvéniles et de jeunes mâles ; les femelles adultes sont rares en eaux accessibles et rejoignent les grands fonds pour mettre bas.
Le requin-baleine est le plus grand poisson de la planète et le deuxième vertébré le plus grand après la baleine bleue. Les adultes mesurent typiquement 8–12 m ; les individus les plus grands documentés atteignent 18–20 m pour un poids de 15–21 tonnes. Malgré ce gabarit, ce sont des filtreurs : plancton, krill, larves de poissons et œufs constituent l'essentiel du régime. L'espèce fréquente les eaux tropicales et subtropicales du monde entier, avec des populations résidentes à Mafia (Tanzanie), Tofo (Mozambique), Ningaloo (Australie), aux Maldives, aux Philippines, dans le Yucatán (Mexique) et en d'autres sites.
Pour distinguer les deux sexes, tout repose sur la zone ventrale entre les nageoires pelviennes. Les mâles portent des ptérygopodes — deux extensions cylindriques qui dépassent entre les nageoires pelviennes et constituent les organes reproducteurs externes. Chez un adulte, ces structures pâles et allongées se distinguent nettement à quelques mètres. Les femelles en sont dépourvues : la surface ventrale entre les nageoires pelviennes est parfaitement lisse.
Les juvéniles compliquent l'identification : leurs ptérygopodes sont rudimentaires ou absents. La quasi-totalité des observations aux sites touristiques comme Ningaloo, les Maldives, Tofo ou Mafia porte sur des animaux de 4 à 8 m, en majorité des mâles. Les femelles adultes, qui peuvent dépasser 10–15 m, se font rares dans les zones de plongée accessibles, car elles migrent vers les eaux profondes pour mettre bas.
La reproduction est ovovivipare : les œufs éclosent en interne, et la femelle donne naissance à des jeunes vivants. Une seule femelle peut porter plus de 300 embryons simultanément. Les nouveau-nés mesurent environ 50–60 cm. La parturition en milieu naturel n'a presque jamais été documentée, et les connaissances sur les zones de mise bas demeurent très fragmentaires. Les eaux profondes proches des Galápagos, des Philippines (St. Helena Mount) et du Banco de Bermuda font partie des régions suspectées.
Chaque requin-baleine porte un motif unique de taches blanches sur peau sombre, l'équivalent d'une empreinte digitale. La base de données Wildbook for Whale Sharks permet aux plongeurs de déposer des photos du flanc gauche de l'animal — la zone derrière les branchies — et de savoir si l'individu est déjà répertorié ou nouvellement enregistré. Ces identifications répétées, accumulées sur des années, permettent de reconstituer des routes migratoires et des histoires individuelles.
La saisonnalité varie selon la destination. Mafia : octobre–mars. Tofo : juin–novembre. Ningaloo : mars–juillet. Maldives (Hanifaru) : juin–novembre. Philippines (Donsol, Cebu) : février–juin. Yucatán (Holbox) : juin–septembre. Planifier autour de ces fenêtres optimales augmente sensiblement les chances de rencontre. Certaines populations sont résidentes — Mafia et Holbox notamment — tandis que d'autres, comme Ningaloo et Tofo, suivent des schémas migratoires marqués.
Le requin-baleine ne représente aucun danger pour l'homme, mais sa taille engendre un risque de collision réel. Le protocole standard impose une distance minimale de 3 m, l'interdiction de toucher l'animal, de se positionner devant sa trajectoire ou d'utiliser des flashs près des juvéniles. La Tanzanie, l'Australie, le Mexique et les Philippines limitent les interactions au tuba — sans bouteilles — en s'appuyant sur des études montrant que les bulles d'expiration modifient le comportement. Les Maldives et d'autres sites autorisent encore le scaphandre.
Distinguer mâle et femelle n'est pas complexe dès lors qu'on sait quoi chercher, mais cela exige de rester calme et d'obtenir une vue dégagée sur la face ventrale. La plupart des rencontres dans les destinations établies concerneront de jeunes mâles. Croiser une femelle adulte de grande taille en eau accessible relève de la chance véritable. Verser ses photos dans Wildbook for Whale Sharks est l'une des contributions les plus concrètes qu'un plongeur loisir puisse apporter à la connaissance à long terme de cette espèce.

